DelVita Group, Yip & Yang juil09

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DelVita Group, Yip & Yang

DelVita GroupYip & Yang (SoulFactory Records)

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DelVita Group : Del pour Delannoye, Peter, le tromboniste; Vita pour Vitacolonna, Toni, le batteur. Le premier a étudié le trombone, d’abord au Conservatoire de Rotterdam, avec le Néerlandais Ilya Reijngoud, qui a fait partie d’Octurn et était le leader du quartet Nemesis, puis au Lemmens Instituut de Louvain avec Lode Mertens du Brussels Jazz Orchestra. Il a fait partie du Tuesday Night Orchestra et d’un quintet avec Peter Hertmans. Il a fondé, il y a sept ans, le quintet DelVita avec l’actuel batteur du Brussels Jazz Orchestra (« BJO’s Finest » – « Live » et « Wild Beauty » avec Joe Lovano). Aux saxophones ténor et soprano, ainsi qu’à la clarinette basse, on retrouve tout naturellement le frère de Peter, Steven Delannoye, musicien hyperactif qui participe à Collapse, au LG Jazz Collectif, au quintet de Teun Verbruggen, au Jazz Station Big Band comme au Tuesday Night Orchestra et qui vient de graver deux albums avec son New York Trio, avec Frank Vaganée (saxophone) en invité. Au piano, on retrouve Bart van Caenegen, connu pour son duo avec Bart Quartier (vibraphone), pour le groupe High Voltage avec Nico Schepers (trompette) et le quartet de Dieter Limbourg (saxophone alto). Enfin, à la contrebasse, Janos Bruneel, de Hamster Axis comme du quartet de Marjan van Rompay ou du trio jazz de Mathilde Renault. Le but de départ du quintet était d’insuffler un nouvel élan à la tradition bop au travers de compositions originales. Pour cet album, aux côtés de compositions résolument « post bop » de Peter Delannoye (You), de son frère Steven (Ducation, Yip & Yang) et de Janos Bruneel (Vitabis en plus d’un arrangement d’un thème de Bill Evans), le projet prend une nouvelle dimension : proposer des arrangements « jazz » d’oeuvres de compositeurs classiques belges quelque peu oubliés de la fin XIXe – début XXe : le Liégeois Joseph Jongen (Petit Prélude in G-moll), les Flamands Joseph Van Nuffel (Psalmus VI), Lodewijk Mortelmans (Wierook,  A une mère) et Flor Peeters (Aria). Pour cela, les deux co-leaders ont fait appel à un ensemble de bois et cuivres qu’on qualifierait volontiers d’ensemble de chambre, avec flûte, clarinette, clarinette basse, hautbois, basson, cor et tuba. Plutôt que de faire un parallèle avec le Vansina Orchestra qui s’inscrit résolument dans une filière jazz contemporain, on pourrait plutôt évoquer le projet Sons Of The New World de Jef Neve ou le groupe Archimusic du Français Jean-Rémy Guédon : comment jeter des ponts entre tradition post-bop et héritage de la musique classique. Le premier thème signé Bill Evans débute comme une ballade, avec une orchestration à la Gil Evans, pour accélérer au travers d’un échange entre ténor et trombone, suivi d’un beau solo de piano. Le Petit Prélude de Jongen s’ouvre sur une intro entre hautbois et basson au terme de laquelle le ténor prend son envol. Ducation de Steven Delannoye sonne résolument « jazz » avec solo de contrebasse et de ténor. Yip & Yang est une ballade qui permet de beaux échanges entre soprano et trombone. Psalmus VI est arrangé sur un rythme très neo-bop, avec un ténor propulsé par la batterie de Toni Vitacolonna. Wierook est introduit par le hautbois qui sert de tremplin au soprano. Vitabis propose une énergique intro entre piano, contrebasse, trombone et soprano. You de Peter Delannoye, après une intro à la batterie, permet un bel échange entre trombone et clarinette basse. L’Aria de Peeters s’ouvre sur une intro entre flûte et bois qui précède l’envol du quintet. Enfin, A une mère  de Mortelmans, clôt l’album avec des allures d’aubade. Un projet original et abouti que l’on pourra découvrir en live au prochain festival Brosella, le dimanche 13 juillet prochain.
Claude Loxhay