Antoine Pierre, Toots Thielemans Jazz Award nov10

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Antoine Pierre, Toots Thielemans Jazz Award

« Antoine Pierre Group » @Koninklijk Conservatorium Brussel

Toots Thielemans Jazz Award:

and the winner is,  Antoine Pierre !

2014 aura été une année bien remplie pour Antoine Pierre. En juin, le jeune batteur liégeois obtenait, avec la mention « magna cum laude », son diplôme de master dans la section jazz du Koninklijk Conservatorium Brussel. En août, il obtenait, de Jean-Pierre Bissot, une carte blanche au Gaume Jazz Festival : l’occasion de retrouver, en compagnie de Steve Houben (saxophone), Jean-Paul Estiévenart (trompette), Philippe Aerts (contrebasse) et de son père, le guitariste Alain Pierre, le pianiste italien Enrico Pieranunzi, qu’il avait déjà croisé grâce à Philip Catherine.

En septembre, il s’envolait pour les Etats-Unis, pour poursuivre ses études à la New School for Jazz and Contemporary Music de New York, et se confronter à la scène new-yorkaise. Ce 6 novembre, après avoir reçu le Prix du Meilleur Soliste au festival de Comblain en 2009 et au Jazz Marathon de Bruxelles en 2010, il recevait le Toots Thielemans Jazz Award qui récompense, depuis 2008, le meilleur jeune talent de l’année de la section jazz du Conservatoire. Il succède ainsi aux accordéonistes Anne Niepold et Thibault Dille, aux batteurs Lander Gyselinck, Stijn Cools et Jens Bouttery ainsi qu’au pianiste David Thomaere. Et, en décembre, après « Wanted » de Jean-Paul Estiévenart et « Côté jardin » de Philip Catherine, sortira chez Igloo l’album du LG Jazz Collective dont il fait partie aux côtés du guitariste Guillaume Vierset.

Cette remise du Toots Thielemans Jazz Award, le 06 novembre dernier, d’un montant de 2500 euros, était aussi l’occasion de présenter son « Antoine Pierre Group », une formation de réels complices. A la trompette, Jean-Paul Estiévenart qu’Antoine côtoie au sein du trio de l’album Wanted comme du LG Jazz Collective; aux saxophones ténor, soprano et à la clarinette basse, Toine Thys qui a fait appel au Liégeois pour son Hammond Trio; au ténor, non pas Steven Delannoye comme lors des concerts de juin, mais Robin Verheyen qu’il a croisé au sein de Taxiwars (avec Tom Barman et Nic Thys); au piano, Bram De Looze (son Momentum Quartet s’est souvent produit en parallèle au Metropolitan Quintet); à la guitare, Bert Cools qui a participé, comme lui, au projet « Birds » de Fabrizio Cassol; à la basse électrique, Félix Zurstrassen, l’indéfectible complice du LG Jazz Collective et de Tree-Ho; enfin, aux percussions, non pas Fred Malempré initialement prévu, mais Michel Seba.

antoinepierre.wordpress.com

Au répertoire, une série de compositions originales : Antoine n’est pas seulement un brillant interprète, il est aussi un talentueux compositeur. Le premier thème, Litany For An Orange Tree, avec une lyrique intro de piano, est joué en quintet : l’occasion pour Bert Cools, avec ses pédales à effets, et à Jean-paul Estiévenart de prendre d’intéressants solos. Pour Past Times, une composition d’Alain Pierre qu’Antoine a réarrangée, Robin Verheyen se joint au groupe et prend un solo énergique à souhait. L’octet est ensuite réuni pour Who Planted This Tree, un thème au tempo virevoltant : Toine Thys est au soprano et Michel Seba s’ébat entre cymbales chinoises, cowbells, congas et triangle, en parfaite osmose avec le drive vigoureux d’Antoine. Suit Les douze marionnettes, un morceau plus planant, avec Toine Thys à la clarinette basse et une intro de guitare aux multiples effets, c’est aussi l’occasion d’un beau dialogue entre l’udu de Michel Seba et le jeu de mailloches d’Antoine sur les toms. Le tempo redevient virevoltant avec Stiletto Slippers joué à deux ténors sur fond de congas, avec un solo de Toine Thys. En rappel, Urbex, avec une subtile intro entre clarinette basse et jeu de balais, débouche sur un tempo survolté aux multiples solos : Bram De Looze, Jean-Paul Estiévenart, Robin Verheyen et Antoine en apothéose sous les applaudissements du public parmi lequel on peut reconnaître, entre autres, Barbara Wiernik, Diederik Wissels ou Kris Defoort.

Claude Loxhay