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Toine Thys Trio, Grizzly

Toine Thys TrioGrizzly (Igloo)

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On avait découvert Toine Thys, élève de John Ruocco, au travers de deux collectifs : Take the Duck avec le trompettistes Daniel Nösig et Rackam, formation à l’énergie rock. En 2008, il a formé son propre trio avec l’organiste hollandais Arno Krijger, un instrumentiste hors pair sachant jouer les basses au pédalier, à la manière de Larry Young mais aussi de Jimmy Smith, et qui a notamment enregistré des albums avec Billy Hart (« All Stations ») ainsi qu’avec le bassiste Stefan Lievestro et le guitariste Jesse van Ruller. Avec Joost van Schaik, batteur néerlandais qui a notamment joué avec Philip Catherine, le trio a enregistré « The End of Certainly » en 2010. Au répertoire, une composition de Bill Evans (Turn Out The Stars) et trois standards, pour le reste, une série de compositions originales. Voici que sort « Grizzly », dix compositions personnelles dont plusieurs ont été inspirées par le réalisateur allemand Werner Herzog: le légendaire Fitzcarraldo mais aussi trois documentaires, parmi lesquels Grizzlyman, qui a inspiré le thème titre au groove « afro beat », pour reprendre les termes de Toine dans ses notes de pochette. Preuve qu’on peut être à la fois musicien et cinéphile, mais aussi doté d’humour comme le prouve ce Don’t Fly L.A.N.S.A., faisant allusion à la compagnie aérienne qui a causé cet accident en pleine jungle péruvienne narré dans Wings Of Hope. Comme sur le précédent album, Arno Krijger se montre impressionnant dans ces grooves enflammés dont il a le secret (Grizzly, Afro Electro) comme sur tempo plus lent (The White Diamond), dans ses intros comme dans ses solos; quant à Toine Thys, il passe avec maîtrise d’un ténor à la sonorité chaude (Don’t Fly, El Cacique, The Fakir And The Lotus, Afro Electro, Grizzly, Fitzcarraldo), à un soprano volubile (Midnight Sun, The White Diamond) ou une clarinette basse à la beauté ombrageuse (Twin Lotus et ce Disoriented inspiré par la marche du pingouin solitaire de Encounters At The End Of The World). Alors quelle est la différence avec le précédent album? C’est simple : la présence à la batterie d’Antoine Pierre qui assure un drive implacable, apporte de nouvelles couleurs au trio et le dope par sa précision et sa complicité : il est vrai que Toine retrouve le batteur liégeois dans l’octet Antoine Pierre Group. Après un détour par Paris le 3 mars dernier, et une série de concerts à Bruxelles, Namur et Liège, le trio participera au Jazz Marathon de Bruxelles le 24 avril. A vos agendas et, en attendant, jetez-vous sur l’album Igloo.
Claude Loxhay