Herbie Hancock, Chick Corea, Show & Grand Piano juil06

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Herbie Hancock, Chick Corea, Show & Grand Piano

Herbie & Chick : Show et Grand Piano.

Concert de gala en clôture des VW Spring Sessions :

Bruxelles – et le monde entier – attendait ce duo depuis 37 ans !

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Le ton est donné dès l’entrée en scène : on a l’impression de voir arriver deux comédiens complices qui vont nous jouer quelques bons tours; on se tape dans les mains comme si on ne s’était plus vus depuis le concert de la Grand-Place en 1978, on photographie le public… Puis on y va de quelques commentaires décontractés sur ce qui va se passer… Ils n’en savent rien eux-mêmes, prétend Chick Corea, « Nous sommes préparés au pire ! » surenchérit Herbie Hancock.

Le concert débute en douceur, une ambiance quasi classique, avant de s’assoir aux claviers électriques – depuis leur période Miles Davis, on sait les deux claviéristes très attachés aux sonorités électriques… même si en 1978, le concert fut intégralement acoustique, première différence. Recherches de sonorités, iPad ( cette fois, Herbie n’est pas venu avec sa collection amenée lors de son dernier concert solo à Bozar !), ajouts vocaux, rythmiques, on sent la recherche, mais ça ne décolle pas vraiment…

On sent le public circonspect…  Tombe alors un vieux Cole Porter, « Easy To Love », introduit par Herbie et développé dans la tradition. Puis au cœur d’une longue pièce acoustique où on cherche à  reconnaître quelques citations, arrive « Maiden Voyage » que le duo développe subrepticement, mais avec une élégance de grande classe. Vient ensuite « Canteloupe Island », un autre tube hancockien de la même période (les albums Blue Note de 1964 et 1965) : le groove enfin, une vibration que le public apprécie, et une improvisation en duo enlevée, on a ici rendez-vous avec ces jeunes gars qui ont fait le jazz des quarante ou cinquante dernières années, avec toute leur fraîcheur et leur inspiration.

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Concert très court, décontracté, mais toujours concentré, le regard croisé entre les deux pianistes l’atteste, avant le rappel : « Concerto d’Aranjuez » enchaîné avec « Spain » (on hésite un moment pensant voir arriver « La Fiesta »… qu’une dame dans la salle réclama avant même que les deux comparses ne mettent un doigt sur le clavier !), le tout après une mise en scène de chorale improvisée avec le public : Chick divise la salle en deux parties pour les hommes, en trois pour les dames, et le public, ravi, participe à la fête, les deux pianistes s’ingéniant à piéger gentiment la chorale improvisée… Du show, encore du show, mais ça marche; ceux qui ont vu Chick en duo avec Stanley Clarke sont tellement conquis qu’ils en oublient le même « Spain » avec chorale de l’an passé…  Du grand piano, personne ne peut ( et n’oserait) le nier, deux stars du clavier… mais dont on pourrait attendre autre chose qu’une resucée de ces mêmes  éternels thèmes, alors que ces prodigieux musiciens ont composés tant de chefs-d’œuvre : où sont les « Dolphin Dance », « The Sorcerer », « Windows », « Bud Powell », « Senor Mouse », « Armando’s Rhumba » ? Clair qu’on ne s’est pas ennuyé au Bozar  – ces deux là sont de véritables entertainers – mais on aurait tant aimé être surpris.

Jean-Pierre Goffin

Pierre Hembise pour les illustrations

N.B. : Chick Corea and The Vigils seront en concert au Roma (Anvers) le 31 octobre prochain.

1978… une trace du duo acoustique

Herbie Hancock & Chick Corea plongés dans leur piano respectif !