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Jérémy Dumont, Résurrection

Jérémy Dumont Trio, Résurrection

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Quel infime plaisir de découvrir un musicien qui au travers de son premier opus prend sa place d’emblée, et avec brio, sur la scène du jazz belge, tout en manifestant un immense désir de découvrir différents courants musicaux. Palme d’Or donc pour saluer l’arrivée de « Résurrection », le premier album du pianiste belge Jérémy Dumont. Après avoir terminé le Conservatoire de Bruxelles, voici deux ans, avec Grande Distinction faut-il le préciser, Jérémy a eu la sagesse d’attendre quelques mois avant de se lancer dans l’aventure de la production musicale. Cette patience et cette maturité lui ont indéniablement permis d’enrichir son parcours, en allant à la rencontre d’autres musiciens et, surtout, de multiples les découvertes musicales : la musique de film et d’accompagnement en passant par le hip hop et la soul, sans oublier le jazz évidemment, à l’écoute de Chick Correa et d’Éric Legnini. Ces expériences de terrain lui ont permis de créer son identité jazzistique, de parfaire son jeu, et de trouver ainsi son groove personnel, d’un dynamisme très new-yorkais : rapide, sans équivoque ni temps morts.Un style qui n’aurait pas heurté des maîtres du genre comme Joey Calderazzo ou Bill Evans au registre des balades. Outre ses indéniables qualités de pianiste, il est impossible de ne pas mettre en évidence les  talents de compositeur du pianiste bruxellois. Il signe en effet la totalité des titres de l’album, et révèle des compositions de niveau international, loin du style belgo-belge, des pièges à flots de notes ou de ruptures aléatoires du rythme de base. Ici, rien de cela, ni dans les ballades ou dans les morceaux au tempo plus rapide. L’énergie, l’efficacité et l’intelligence sont au rendez-vous de « Resurrection ». Soulignons aussi la grande qualité musicale et la cohésion du trio : mention spéciale à la basse discrète de Victor Foulon et au jeu de baguettes tout en précision de Fabio Zamagni, ensemble, ils forment la colonne vertébrale de l’album. Signalons en outre la présence en invité du saxophoniste Fabrice Alleman qui sait entraîner Jérémy Dumont dans de beaux défis dont aucun ne sort à bout de souffle. Fabrice Alleman semble bien conquis par les compositions de son ancien élève, et au saxophone, il n’hésite pas à distiller un parfum de Wayne Shorter. Si Jérémy Dumont a baptisé son enregistrement  « Résurrection », c’est sans doute pour évoquer à la fois sa « naissance » comme père et le passage entre son statut d’étudiant à celui de musicien professionnel. « Resurrection » est un excellent album qu’on ne se lasse pas d’écouter pour le tonus dominant, la qualité de ses interprètes et le brio des compositions. Et comme disait Michel Jonasz dans une de ses chansons : « En vlà du jazz, en vlà et c’est du bon croyez moi  » ! 

Étienne Payen