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Gérard Marais Quartet, Inner Village


Serengeti (Gerard Marais) par MagaliCarreMarais

Gérard Marais Quartet, Inner Village (Cristal Records)

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De « La belle vie » enregistré en duo avec Raymond Boni, en 1981, grâce à une prise de son de Jean-Marc Foussat, à « Natural Reserve » gravé en compagnie de Steve Swallow et Vincent Courtois en 2001, Gérard Marais a été un des guitaristes les plus actifs de la scène française. Membre des Zhivaros, collectif d’improvisateurs qu’il a fondé avec Henri Texier (contrebasse), Sylvain Kassap (saxophone) et Claude Barthélemy (guitare), il a enregistré aussi bien comme sideman (à titre d’exemple, l’excellent « Nimeño » de Jean-Marc Padovani, avec Enrico Rava) que leader : une dizaine d’albums gravés au travers de formules diverses et toujours avec des solistes de premier plan, du duo avec Renaud Garcia-Fons (« Acoustic songs », « Free songs ») au Big Band de Guitares (avec notamment Claude Barthélemy, Philippe Deschepper ou Raymond Boni), mais aussi en trio avec Emmanuel Bex à l’orgue et Aldo Romano à la batterie (« Poisson nageur »), en sextet avec Louis Sclavis et Dominique Pifarely (« Est »), avec son quartet Opéra, en compagnie de François Corneloup et Vincent Courtois ou ce légendaire sextet réunissant Jean-François Canape (trompette), Yves Robert (trombone), Michel Godard (tuba), Henri Texier et Jacques Mahieux (batterie) (« Katchinas », « Sous le vent »). Une série d’albums chroniqués en leur temps dans les magazines Jazz in Time puis Jazzaround, en parallèle à un Portrait européen et une interwiew réalisée lors d’un Jazz au Château à Oupeye (Jazz in Time n° 48, décembre 1993). Mais depuis « Natural Reserve » de 2001, plus rien en vue côté disque : c’est donc avec un plaisir sans limite qu’on retrouve le guitariste natif d’Enghien-les-Bains au sein d’un quartet de haut vol. A la contrebasse, Henri Texier, vieux complice du sextet comme des Zhivaros. A la batterie, Christophe Marguet, le bouillant batteur du Strada Sextet de Texier comme du quartet de Christophe Monniot (saxophone) avec Joachim Kühn (piano) (Jazz brugge 2010), mais aussi leader du quintet Résistance Poétique et du Reflections Sextet. Au piano, Jérémie Ternoy. Diplômé du Conservatoire de Lille, il a enregistré « Peaux d’âme » avec Jacques Mahieux et formé, en compagnie du contrebassiste Nicolas Mahieux (le fils de Jacques), un trio qui a déjà gravé les albums « Bloc » en 2008 et « Bill » en 2011. Former un quartet avec piano constitue  une aventure nouvelle pour Gérard Marais qui n’avait encore jamais enregistré dans cette formule : une formule plus classique, avec une succession de solos encadrant l’exposé des thèmes mélodiques et moins de pédales d’effets qu’auparavant, pour retrouver la sonorité de la guitare dans sa parfaite limpidité. Au répertoire, une série de nouvelles compositions mais aussi de nouveaux arrangements de Serengeti de l’album « Natural Reserve »,  Le Rouge et le Noir du Quartet Opéra et les deux splendides mélodies Katchinas et Baron Noir du premier album du sextet. Avec une constante interactivité entre les quatre complices, on passe ainsi de thèmes frénétiquement rythmés (Baron Noir, Serengeti, Latin Breakfast) à des ballades lyriques (Quand les Mahs, Inner Village Song, Lomesome Queen, Think Nocturne) ou des mélodies délicieusement dansantes (Le Rouge et le Noir). L’accord entre guitare et piano est parfaite, tant dans les thèmes exposés à l’unisson (Quand les Mahs) que ceux où le piano intervient en contrechant (beau solo sur Baron Noir) avec un soutien indéfectible d’Henri Texier (lumineux solos sur Quand les Mahs et Baron Noir) et de Christophe Marguet (à noter son jeu sur les toms pour clore la mélodie chantante de Katchinas). Un pur bonheur musical. 

Claude Loxhay


Le Rouge et le Noir (Gérard Marais) par MagaliCarreMarais