BJO PLAYS AMBROSE AKINMUSIRE oct16

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BJO PLAYS AMBROSE AKINMUSIRE

Brussels Jazz Orchestra,

couleurs Ambrose Akinmusire 

A l’occasion de la collaboration entre le Brussels Jazz Orchestra (BJO) et Ambrose Akinmusire, nous avons pu nous entretenir avec le trompettiste américain et Frank Vaganée, directeur artistique du BJO. Tous les trois, nous discutons de Bach, du super héros qui sommeille en chacun de nous et de l’école de la rue. Ils étaient en concert à BOZAR le dimanche 13 octobre dernier.

Propos recueillis par Willy KOKOLO

Photos de concert de William Ejam Maail (Ejam photography) pour Cutting Edge 

Alors, Ambrose, depuis combien tu es à Bruxelles ?

Ambrose : En fait je viens d’arriver hier. Mais je suis en Europe depuis un peu plus d’une semaine.

Pour l’instant tout va bien ?

Ambrose : Ouais, ça m’a donné l’occasion de me plonger dans la musique et de rencontrer le BJO.

Est-ce que vous pouvez me dire qui a eu l’idée pour ce projet collaboratif ?

Frank : On a eu l’idée d’inviter Ambrose à Bruxelles pour jouer avec nous. Evidemment nous connaissions sa musique, mais on n’était pas au courant qu’il avait des arrangements pour big band, donc j’ai été regardé un peu sur YouTube quelques extraits des concerts du HR Big Band (ndlr : le big band pour lequel les arrangements ont été faits à l’origine), et ça nous a bien emballé ! Donc on a passé un accord avec le HR Big Band : nous leur avons donné certains de nos morceaux originaux et ils nous ont donné accès aux arrangements des morceaux d’Ambrose. La première fois que j’ai vu Ambrose jouer, c’était il y a 4 ou 5 ans au festival Brosella.

Et quels sont les aspects les plus difficiles pour une telle collaboration ?

Ambrose : Pour moi ce ne sont pas tellement des difficultés. Ce qui m’inspire le plus, c’est vraiment l’énergie qu’on tire de tous les musiciens dans la pièce. Quand on joue avec un orchestre, il y a plus d’énergie à canaliser. J’ai le sentiment que chaque énergie, de manière distincte, impacte la musique et l’atmosphère. Quand tu joues dans un quartet, c’est relativement simple, mais avec un big band, ça peut être plus difficile. Tu as raison finalement, il y a bien des difficultés ! (rires). Mais c’est avant tout une source d’inspiration.

Ta réputation te précède : tu écris ta musique pour des musiciens spécifiques, justement pour aller chercher leur énergie distinctive. Comment ça s’est passé avec le BJO ? T’es-tu reposé sur Frank pour établir la relation avec l’ensemble des musiciens ou bien es-tu allé vers chacun d’entre eux ?

Ambrose : Moi je suis très sensible, quand je rentre dans une pièce je sens directement l’atmosphère et l’énergie qui s’en dégage. Donc quand je suis arrivé ici à Bruxelles, ça a été assez simple en fait, ils sont tous comme une famille. Je m’en doutais un peu, mais c’est différent de le vivre.

Tous les morceaux ont été arrangés par Jim McNeely, c’est ça ?

Ambrose : Oui, il a arrangé certains de mes morceaux par le passé.

Pourquoi tu as décidé de choisir ces morceaux-là en particulier ?

Ambrose : Mmh, c’est une bonne question ! J’ai choisi des morceaux qui me sont chers, des histoires au sujet de personnes que j’ai rencontrées dans mes jeunes années. J’avais tendance à écrire beaucoup de musique au sujet des gens ou des situations. Je ne le fais plus trop maintenant.

Et toi Frank, quel est ton objectif artistique avec un projet de ce calibre ?

Frank : Je pense qu’avant tout c’est la collaboration qui est intéressante, le fait d’impliquer une nouvelle personne, une nouvelle voix dans le groupe, ce qui lui donne un nouveau souffle. Mais au-delà de ça, jouer de nouveaux arrangements ça nous donne une nouvelle motivation pour aller de l’avant. Donc la plupart du temps lorsque nous invitons des personnes, c’est essentiellement pour bénéficier de leur propre voix et de ce qu’elle pourra apporter au groupe. Pour nous c’est un beau défi de s’assurer que la musique fonctionne avec le soliste invité. Nous sommes tous des solistes dans le groupe, mais combiner ça avec une nouvelle personne, c’est forcément quelque chose de spécial.

C’est très intéressant car ton dernier album, Ambrose, explorait une certaine dialectique entre les extrêmes. Tu souligne la liberté de création artistique, qui peut être perçue comme l’antithèse du contrôle. Dans un orchestre, justement, le chef est en position de contrôle. Comment tu te situes par rapport à cette interaction ?

Ambrose : C’est une excellente question ! J’essaie de trouver le fil directeur, car pour moi il y a toujours un élément qui relie l’ensemble du processus et que l’on peut relier à la liberté. Donc j’essaie de trouver ça dans chaque morceau. Mais avec le BJO, ce qui est fantastique c’est que personne ne dirige vraiment ! (rires). C’est cool ! Le batteur à un métronome, mais parfois quand je regarde le métronome, on est complètement hors tempo, la musique ondule. Mais même quand je suis dans un groupe plus rigide, ça peut juste être dans l’intonation que je vais retrouver cet élément de liberté. Je pense que ça vient des gens, il y a toujours quelque chose de spontané.

Le fameux facteur humain.

Ambrose : Oui, c’est ça ! En toute chose tu le retrouves.

Et ça rejoint ce que tu disais juste avant, au sujet des histoires personnelles qui sont au fondement de tes morceaux. On retrouve, encore une fois, ce facteur humain. Est-ce que tu as dû expliquer ça aux musiciens du BJO ?

Ambrose : Non, car je ne crois pas à la force de l’explication. Je pense qu’il faut avant tout exploiter les sentiments qui se dégagent de la musique sur le moment, ce qui se dégage des gens. Tu peux connaître l’histoire, mais est-ce que tu la ressens ? C’est pour ça que j’aime me focaliser sur les gens, car nous sommes complexes, et on est affecté par tout. Beaucoup de mes morceaux n’ont pas de tempo strict, ça peut être complètement changeant, comme les êtres humains et leurs émotions.

Frank, plus tôt dans la matinée pendant la répétition, juste avant que vous ne jouiez « Nilmah », tu as dit que le titre du morceau sonnait comme une onomatopée. Ambrose, tu as confirmé, mais parfois, les titres de tes morceaux sont beaucoup plus concrets ou conceptuels. Quelle est ta recette ?

Ambrose : Mmh, il y a plusieurs choses. « Nilmah » c’est… mon dieu, je n’ai jamais dit ça à personne ! Bon, je ne vais rien révéler, mais c’est le nom de famille de quelqu’un. Donc ça peut juste être ça. Parfois ça peut être une phrase d’un poème ou d’une histoire que je lis. Par exemple « The Imagined Savior » (ndlr : le titre du troisième album d’Ambrose, The Imagined Savior is Far Easier to Paint), ça vient d’un poème. Mais plus globalement, les titres de mes albums servent de point de repère pour des périodes de ma vie. Cet album, c’était au moment où j’avais beaucoup de pression de la part des autres, ce que ça signifiait d’être « la nouvelle star du jazz » (il mime les guillemets avec ses doigts). C’est facile de penser à un superman qui va venir pour tous nous sauver, au lieu de croire en nous. Tout le monde peut être un superman. Donc ce deuxième album, c’était vraiment ce moment où j’ai quitté Los Angeles, j’ai arrêté de faire des concerts.

Moi je ne suis pas trompettiste, donc je me suis tournée vers une amie qui joue de la trompette et qui est d’ailleurs une grande fan de ta musique. Elle ne te voit pas comme un trompettiste, mais plutôt comme un « artisan du son ».

Ambrose : Woah !

Et plus spécifiquement quand elle écoutait ton dernier album, Origami Harvest, elle t’entendait jouer du violoncelle plutôt que de la trompette.

Ambrose : (rires)

Est-ce que tu trouves ça complètement farfelu ?

Ambrose : En fait, c’est exactement ça ! C’est l’instrument que j’entends dans ma tête quand je joue. J’entends du violoncelle, la plupart du temps, ou bien des voix féminines. Mais je n’entends pas de la trompette. Ça crée souvent des problèmes quand on me commande de la musique, car généralement je n’écris pas de partie pour la trompette comme je ne l’entends pas ! (rires). Donc après je dois retravailler et voir sur quelles sections je peux la rajouter. Mais oui, en fin de compte, j’entends des voix féminines, surtout des voix comme celles de Joni Mitchell, dans les tessitures ténors, car c’est dans ces mêmes tessitures que j’aime jouer de la trompette, et le violoncelle évolue dans le même registre sonore.

Et je me souviens que tu voulais collaborer avec Georgia Anne Muldrow pour Origami Harvest.

Ambrose : Oui, c’était la chanteuse que j’avais imaginé à la base. Tu la connais ?

Non, mais j’aime beaucoup sa musique.

Ambrose : On est bons amis ! On était à New-York ensemble en 2001-2002, elle était à la New School (ndlr : anciennement connu sous le nom de la New School for Jazz and Contemporary Music) et moi j’étais à la Manhattan School.

J’aimerais qu’on parle un peu de tradition et d’innovation dans la musique. Frank par exemple, tu fais partie d’un big band, et moi je vois une sorte de tendance dans le jazz, ou même le hip hop : les orchestres redeviennent cool. Il y a par exemple Snarky Puppy qui a collaboré avec le Metropol Orkest, Kendrick Lamar qui s’est produit avec un orchestre live, ou bien encore des rappeurs français comme MC Solaar et IAM. Est-ce que tu te sens appartenir à cette tendance aussi ?

Frank : Non, pas tellement. Depuis que je joue du saxophone, j’ai toujours été intéressé par les big bands et le jazz en général. Donc pour moi ça n’a jamais été une tendance ou un phénomène de mode. Tout ça représente ma vie, c’est ce que je fais tous les jours ! Mais je comprends que les gens puissent redécouvrir les big bands et toute l’énergie qu’ils véhiculent, qu’ils aient envie de revisiter leur musique avec un big band pour lui donner une nouvelle couleur. Pour moi, en tant que musicien de jazz, tout ça a toujours été là autour de moi. Evidemment, tout évolue. Les big bands d’aujourd’hui, c’est de la musique contemporaine par rapport aux canons traditionnels auxquels les gens pensent, ceux des années 1930 et 1940. C’est aussi la raison pour laquelle nous avons choisi d’appeler le BJO un orchestre de jazz et pas un big band, car nous voulons aller plus loin que les conceptions traditionnelles. Par ailleurs nous avons notre propre musique, des pièces originales que nous avons composées. Plusieurs musiciens dans le groupe sont des compositeurs et des arrangeurs donc on se sert de tout ce savoir-faire. Nous voyons cela comme « de la musique contemporaine jouée par des musiciens de jazz dans un orchestre qui ressemble à un big band » ! (rires)

Ambrose : (rires)

C’est une belle expression ! J’ai mentionné le hip hop pour ma question précédente, j’y reviens car dans le hip hop on se focalise beaucoup sur le concept de culture : le fait d’être un bon parolier, d’avoir la reconnaissance de la rue. Est-ce que vous pensez qu’il y a un concept similaire dans le jazz, et si oui de quels éléments serait-il composé ?

Ambrose : Mmh.. Tu veux dire pour la scène actuelle ?

En considérant l’ensemble de la nébuleuse jazz, ancienne et actuelle.

Ambrose : C’est une question difficile. Je ne pense pas qu’il existe une notion consensuelle de ce que pourrait être la culture jazz aujourd’hui, tout simplement parce que tout est tellement étendu, et c’est une bonne chose. Au cours des 15 ou 20 dernières années, le jazz a évolué et il est devenu impossible de le défendre comme musique américaine. Il y a beaucoup de scènes jazz florissantes dans le monde entier. Mais d’un autre côté, et ça ne répond peut-être pas forcément à ta question, je pense qu’il est important de rendre hommage aux précurseurs, aux racines du jazz. Donc cela, en soit, peut représenter une culture. Lorsque je voyage dans le monde, pas seulement en Europe mais aussi aux Etats-Unis, beaucoup de gens ne sont pas disposés à rendre cet hommage. Mais globalement je ne dirai pas qu’il y a une culture jazz contemporaine. C’est la même chose avec tout, à cause d’internet. Si tu prends les arts martiaux par exemple, il n’y a plus un seul art martial, on parle de « Mixed Martial Arts » (ndlr : les compétitions de MMA). Tout est mixé. Tu retrouves ça chez les gens aussi, et c’est beau !

Frank, est-ce que tu es d’accord avec cette analyse ?

Frank : Oui, enfin je peux comprendre que la reconnaissance de la rue soit un élément important. Aujourd’hui nous avons des conservatoires par exemple, tout est plus officiel, plus euh… comment on dit ? institutionnalisé ? (rires)

C’est un morceau de Kendrick Lamar d’ailleurs !

Ambrose : C’est vrai ?!

Oui, juste avant « These Walls » sur To Pimp a Butterfly (ndlr: album du rappeur de 2015).

Ambrose : Ah oui, “if these walls could talk” (il commence à chanter tout bas).

Frank : En tout cas en Belgique, car aux Etats-Unis tout ça existe depuis plusieurs décennies je pense avec Berklee (ndlr : le Berklee College of Music). Ici ça doit faire environ 20 ans qu’on a le jazz dans les conservatoires, avant c’était seulement pour la musique classique. Certains apprennent dans la rue, d’autres apprennent à l’école.

Mais est-ce que vous diriez que les deux sont nécessaires ?

Frank : Je pense que ça dépend des musiciens, mais à l’école on ingurgite beaucoup d’informations, et généralement ça va trop vite pour les étudiants. Ils doivent tout digérer à leur propre rythme, la théorie, la pratique.

Oui je vois. Mon père par exemple vient du Congo, et quand il est arrivé en France il ne voyait pas d’un bon œil tout ce qu’on appelait « la grande musique », la musique classique occidentale qui était composée et jouée par des gens qui lisent la musique et connaissent la théorie musicale. En Afrique il y a énormément d’excellents musiciens qui ne lisent pas la musique et n’en ont pas besoin.

Frank : Moi je ne pense pas l’école soit indispensable. Mais bon, j’ai aussi un diplôme.

Ambrose : Je ne pense pas que ce soit indispensable car j’ai commencé à jouer à l’église où on n’avait pas de partitions. Beaucoup de musiciens noirs de gospel ne savent pas lire la musique, mais à quoi bon ? La musique c’est dans les oreilles et dans le cœur. Et parfois ils jouaient du Bach ! Mais je ne pense pas que l’on puisse être un bon musicien qui touche les gens sans jamais avoir joué avec les autres, si tu n’as jamais connecté avec cette source d’inspiration qui nous est supérieure. Je pense qu’avant tout il faut être discipliné, passionné et volontaire dans la recherche de l’autre.

Frank : Moi je suis de la génération en Belgique où on a commencé notre éducation musicale à l’école, mais on a vraiment dû apprendre en regardant les autres faire. Aujourd’hui, la plupart des étudiants oublient de jouer, ils reçoivent tellement d’informations qu’ils réfléchissent trop. Il y en a qui sont excellents, mais bon…

Ambrose : J’ai donné des cours à l’université pendant 3 ans, et tu as des musiciens qui peuvent faire n’importe quel exercice, mais quand il s’agit de jouer, ils sont comme des enfants. Tu le vois clairement chez certaines personnes, ça peut être deux compétences bien distinctes. A l’école ils seraient en train de te faire des gammes incroyables, de vrais génies, mais dès qu’ils sortent et jouent pendant un concert c’est différent.

Frank : Généralement je dis aux étudiants d’aller à l’école pour obtenir leur diplôme, car tu as besoin d’un diplôme pour enseigner. Mais pour jouer, joue simplement !

Ambrose : Joue et trouve un mentor. Je pense que c’est impossible de réussir sans avoir quelqu’un qui te montre la voie.

Et toi tu es prêt à être cette personne pour les jeunes ?

Ambrose : Je ne peux plus me débiner, donc oui j’accepte ce rôle. Je ne suis pas très à l’aise avec cela, mais je suis maintenant celui vers qui les jeunes se tournent. Ils m’envoient des emails, m’appellent. D’autres l’ont fait pour moi : Roy Hargrove, Wynton (ndlr : Wynton Marsalis), quand ils venaient dans ma ville, ils m’appelaient et me disaient « hey, viens prendre un cours avec moi ».

Qu’est-ce que vous écoutez en ce moment ? Des influences particulières ?

Frank : J’écoute de tout! Du moment que je ressens quelque chose et que ça m’inspire, je creuse toujours plus. Ça peut être de la chorale, ou du jazz plus classique, n’importe.

Ambrose : Est-ce que tu connais Jon Bap ?

Non !

Ambrose : Ah il faut que t’écoutes ça ! Evidemment il y a toujours Bach. Laisse-moi réfléchir… Ah oui, ça sort un peu de nulle part, mais tu connais Freddie Gibbs (ndlr : un rappeur américain) ?

Ouais, bien-sûr !

Ambrose : Ça fait un moment que je suis à fond dans la musique de Madlib (ndlr : un producteur américain), et c’est un peu ça que je voulais dire aussi avec l’alliage des extrêmes, tu prends un rappeur puissant comme Freddie Gibbs et tu l’associes à la musique beaucoup plus douce d’un Madlib, les deux qui se chatouillent gentiment. Sinon, Bach, depuis toujours.

Comment ça se fait ? J’ai l’impression que tu es obnubilé par Bach ?

Ambrose : Bach ? Il est juste parfait ! Non seulement c’est parfait, mais c’est aussi très beau et touchant, et ça c’est difficile à réaliser. C’est difficile de faire sonner les mathématiques. Mais lui il va au-delà des mathématiques. C’est parfait à tous les niveaux : horizontalement et verticalement. Et mon interprète préféré c’est Glenn Gould.

Quand il commence à chanter en jouant…

Ambrose : Oh mon dieu ! Il est tellement romantique, et Bach est tellement strict et parfait, donc encore une fois c’est l’alliage des extrêmes. Autrement j’ai beaucoup aimé les deux derniers albums de Coltrane qui sont ressortis récemment. Et puis sinon, j’écoute toujours deux personnes en particulier : Joni Mitchell, et Clifford Brown.

Cool! On approche de la fin de l’entretien, j’aimerais simplement vous poser une dernière question. Comme vous-vous décririez l’un l’autre ?

Ambrose : (rires)

Frank : (rires)

Prenez votre temps, pas de pression !

Frank : Pour moi c’est facile ! Ambrose est un musicien qui a un son très distinctif. Parmi le jeu de 100 trompettistes c’est facile de reconnaître le sien. C’est un véritable don.

Donc une légende du jazz contemporain, en somme ! (rires).

Ambrose : (rires).

Allez, c’était pour rire !

Frank : Non mais réellement, il fait partie des rares chanceux.

Ambrose : Moi je viens de rencontrer Frank seulement hier. Déjà c’est un organisateur hors pair, mais il est aussi le père de famille au sein du BJO. Juste en le regardant faire avec les gens, je dirais qu’il est empathique, et qu’il est très habile dans sa lecture et sa compréhension des gens.

Eh bien, de jolies compliments ! Et la toute dernière question : Ambrose, tu as dit dans des entretiens précédents que tu aimerais faire de la musique de films à un certain moment. Est-ce que tu sais que le BJO a joué la musique du film The Artist ? Tu connais ce film ?

Ambrose : Quoi ?! Je savais pas ! Vraiment ?

Frank : Oui, on a gagné un Oscar !

Ambrose : J’en avais aucune idée ! Félicitations ! C’est de la très belle musique.

Pour quel genre de film voudrais-tu écrire alors ?

Ambrose : Je ne suis pas difficile. J’imagine que ce serait plus facile de faire ça avec des documentaires car ça n’implique aucun jeu d’acteur, mais je reste ouvert. J’ai envie de devenir bon là-dedans donc ça ne me dérange pas de commencer modestement et grandir par la suite.

Bon courage !

Ambrose : Merci !