Rêve d’Éléphant Orchestra : Dance Dance oct13

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Rêve d’Éléphant Orchestra : Dance Dance

Igloo / Werf

® RacasseStudio

Après « Racines du Ciel » en 2001, « Lobster Caravan » en 2004, «Pourquoi pas un scampi?» en 2011 et « Odyssée 14 » en 2015, voici le nouveau REO « Dance Dance », proposé à la fois par Igloo qui a produit L’Orchestre du Lion (« Connexions urbaines » en 2018) et De Werf qui avait produit les quatre précédents albums du septet. Une belle collaboration. Pour ce nouvel album, deux changements au sein du personnel. Le trompettiste allemand Christian Altchülshorst prend la succession de Laurent Blondiau, Alain Vankenhove puis Jean-Paul Estiévenart. Il a poursuivi ses études musicales à Cologne, fait partie des Sazerac Swingers ou de The Backyard Jazz Orchestra. C’est Bart Maris qui l’a recommandé à Michel Debrulle. Un visage poupin et joufflu, une abondante chevelure en bataille, il a rejoint le septet avec une évidente envie de jouer, de se fondre complètement  dans l’univers coloré et rythmé du groupe. Avec une sonorité tranchante et éclatante qui s’impose immédiatement et de beaux passages à la trompette bouchée (« Papillon »). Par ailleurs, le troisième percussionniste, Etienne Plumer, cède sa place à la basse électrique de Louis Frères, l’un des fondateurs de L’Oeil Kollectif Double Quartet, avec Laurent Dechambre et Bruno Grollet aux saxophones, une formation régulière de L’An Vert et très orientée vers une improvisation libertaire. Fin 2019, Michel Debrulle était venu présenter cette nouvelle formation à L’An Vert, entre Mazy et le Marni, avec un répertoire « en chantier ». Des compositions de « l’Odyssée 14 », avec parties vocales de Thierry Devillers et David Hernandez et d’autres nouvelles comme « Quarte Blanche » de Michel Massot. Le temps faisant, le nouveau répertoire s’est complété et les « nouveaux » se sont parfaitement intégrés à la philosophie du septet. C’est notamment le cas de Louis Frères qui assure pleinement la trame rythmique basse, ce qui libère Michel Massot de cette tâche… Moins de sousaphone donc, et davantage d’euphonium ou de trombone bondissants (« BK », « Papillon », « La Complainte de Bernard »). Louis Frères installe aussi une belle complicité avec la guitare de Nicolas Dechêne (« Stretch in Blue ») et, preuve de sa totale intégration,  il signe le titre phare « Dance Dance » et a participé à la conception  de « Fureur volatile » avec Pierre Bernard et Michel Debrulle. A côté des envolées colorées et dansantes de Michel Massot, on retrouve la flûte virevoltante et primesautière de Pierre Bernard sur la trame touffue des percussions (batteries, congas, bongos, daf, derbouka de Michel Debrulle et Stephan Pougin). Au répertoire, on retrouve des compositions colorées, aux mélodies lumineuses et rythmes chaloupés, de Michel Massot (« BK », « Papillon », « Quarte Blanche » et « Nemo »), des thèmes aux multiples changements de rythmes de Pierre Bernard (« Post Scriptum », « Stretch in Blue » et le plus paisible « Complainte de Bernard »), enfin la composition de Louis Frère et du « collectif » « Fureur volatile ». On retrouve pleinement cet univers si particulier et immédiatement reconnaissable de ce rêve éléphantesque.

Rêve d’éléphant Orchestra en concert : Bozar, Bruxelles (le 21 octobre), Jazz Brugge (le 14 novembre), Open Music Club, Comines (29 janvier) et Centre Culturel de Lessines (30 janvier).

En interview dans JazzAround ce mercredi 14 octobre

Claude Loxhay